Hongrie : Des travailleurs indiens pris pour des clandestins à Hajdúnánás

À Hajdúnánás, dans le nord-est de la Hongrie, l’arrivée de travailleurs indiens a suscité l’incompréhension de certains habitants.

Capture d’écran du reportage d’ATV.

Selon un reportage de la chaîne ATV, des habitants de Hajdúnánás, une localité de 16 000 habitants située dans le comitat de Hajdú-Bihar, ont interpellés les autorités locales après avoir vu ce qu’ils pensaient être des immigrants arrivés clandestinement. 

Il s’agissait en réalité d’Indiens, une trentaine hébergés dans une pension locale, venus participer à la construction de l’usine pétrochimique de MOL, le géant hongrois des hydrocarbures, dans la ville voisine de Tiszaújváros. Cet investissement de 1,2 milliards d’euros, le plus gros de l’histoire du groupe pétrolier, nécessite « le travail de milliers de travailleurs immigrés », précise Telex.

« La panique a éclaté à Hajdúnánás » titrent de concert les sites d’actualités indépendants Telex et 444.hu, mais de façon très exagérée car le reportage d’ATV ne précise pas le nombre de plaintes/signalements envoyés par les habitants.

La municipalité a tout de même jugé utile de publier une déclaration réfutant la nouvelle d’une intrusion de migrants et expliquant que des travailleurs étrangers étaient arrivés dans la ville de façon officielle.

« Les gens voient trois ou quatre personnes qui ne s’habillent pas et ne parlent pas comme les gens de Hajdúnánás, et ça y’est la migration a déjà commencé », a déploré à la télévision Miklós Oláh, conseilleur municipal socialiste (MSZP).

Des précédents

Cette affaire de Hajdúnánás n’est pas sans en rappeler d’autres, suscitées par les campagnes de communication xénophobes d’un gouvernement qui n’assume pas avoir recours à de la main-d’œuvre étrangère pour combler la pénurie de bras dans l’économie hongroise.

En 2020, la Hongrie a délivré 54 835 permis à des citoyens non-européen, dont 58% pour le travail.

Au début de l’année 2020 en Roumanie, quelques 200 villageois de la commune de Ditrău (Ditró en hongrois), située dans le județ de Harghita, au cœur du pays sicule, avaient manifesté pour protester contre l’arrivée de deux ouvriers sri-lankais récemment embauchés par une boulangerie industrielle.

En 2017, dans le sud de la Hongrie, la petite localité d’Őcsény avait fait l’objet d’un intense emballement médiatique autour de l’accueil d’une petite dizaine de réfugiés par un aubergiste dans le cadre d’un hébergement d’urgence.

Corentin Léotard

Rédacteur en chef du Courrier d'Europe centrale

Journaliste, correspondant basé à Budapest pour plusieurs journaux francophones (La Libre Belgique, Ouest France, Mediapart).

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