La Russie réaffirme son leadership de l’énergie en Hongrie

Le président du gouvernement russe, Viktor Zubkov, est’ en visite en Hongrie jusqu’à demain pour la signature de l’acte fondateur de la société russo-hongroise qui construira le gazoduc South Stream. Ce projet est une alternative au transit terrestre du gaz russe vers l’Europe via la Mer Noire. Il concurrencera principalement l’Ukraine, et, dans une moindre mesure, la Biélorussie sur le marché de la logistique de l’énergie.

Ce sont le géant russe Gazprom et le hongrois MFB qui s’associent pour l’occasion. La société responsable des opérations sera co-dirigée par un Hongrois, l’actuel PDG de MFB Invest, Csaba Bató, et par un chef Russe dont le nom n’est pas encore connu. Une fois officialisé, le duo russo-hongrois va devoir préparer le terrain pour décider les investisseurs à s’engager dans l’aventure d’ici fin 2010  La construction du South Stream devrait alors débuter en mai ou en juin prochain. Le chantier a déjà pris du retard, mais il est reconnu que celui-ci n’incombe pas à la Hongrie cette fois-ci, mais aux autres pays impliqués dans l’affaire, notamment la Roumanie.

Ce projet éminemment pro-russe prouve que la Russie n’a pas l’intention de se faire snober par des projets tels que Nabucco, qui consistent à en finir avec le problème récurrent des livraisons de gaz russe via l’Ukraine tous les hivers. Depuis quelques années, le besoin en Europe centrale et en Europe de l’Est de sécuriser l’approvisionnement en énergie a fait naître la tentation d’aller se servir ailleurs qu’en Russie, notamment dans des pays situés autour et au sud de la Mer Caspienne. Mais la Russie a flairé le coup fourré depuis longtemps, et compte bien rester le fournisseur privilégié de l’Europe. Elle a d’ailleurs doublement pris les devants par rapport à ses voisins occidentaux, puisqu’un deuxième projet est également en cours, le North Stream par la Baltique.

A l’ordre du jour, la visite de Zubkov portera plus généralement sur l’exploitation des hydrocarbures russes en Hongrie, comme le pétrole chez MOL. Il en profitera également pour s’entretenir sur la situation et sur la remise à flots de la compagnie hongroise Malév. En partie détenue par une compagnie russe, l’Etat a récemment demandé à celle-ci de garantir le fonctionnement de Malév contre sa remise à flots à l’aide des deniers publics.

François Gaillard

Cofondateur de Hulala et ancien membre de la rédaction

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